Musique de Film fait partie du réseau musical administré par Musicjag - Musique de Film .
Avec l'aimable autorisation de : Julie CHENU, Lucy DE OLIVEIRA, Caroline PHILIPPE et Jennifer ABRIC.
INTRODUCTION
Depuis ses débuts, le cinéma est associé à la musique. En effet, dès ses premiers pas, des fanfares et des hommes-orchestres jouent à l'extérieure des salles pour attirer les passants. Peu de temps après, lors des projections de films, et notamment lors des « séances Lumières » organisées par les inventeurs du cinématographe, un musicien est présent dans la salle, tel que Emile MARAVAL au piano. C'est immédiatement un succès. Les directeurs de salles emploient des « tapeurs », c'est-à-dire des pianistes, qui improvisent et changent de tempo suivant les thèmes : burlesque, dramatique, historique ou documentaire. Mais par la suite, ils reçoivent des indications et disposent d'un « catalogue de situations » : action, nuit et atmosphère sinistre, nuit et atmosphère menaçante, péripéties, folie, magie, chutes... Pour que les spectateurs comprennent les évènements, il faut que la musique « parle » pour le personnage. Ainsi, le wurlitzer, orgue d'une incroyable complexité qui permet d'obtenir une multitude d'effets sonores, fait son apparition à la place du piano et y reste comme étant l'instrument spécifique au cinéma.
Plus tard, le répertoire s'élargit : des orchestres prennent place dans les salles. La musique d'accompagnement devient essentielle à l'image. Vers 1920, c'est le film qui devient l'accompagnateur de la musique, mais très vite, les extrêmes se neutralisent. En 1927, avec « Le Chanteur de jazz », premier film parlant, l'idée : image = musique est renforcée. Depuis cette époque, la grande majorité des films sont accompagnés de musique. Cependant, peut-on aller jusqu'à dire que cette dernière
est indissociable de l'image ?
L'objet de nos Travaux Personnels Encadrés sera de montrer « en quoi la musique est indissociable de l'image ». Pour ce faire, nous avons décidé de traiter seulement la musique insérée sur l'image. Pour cette raison, nous n'aborderons pas les clips musicaux, qui obéissent plutôt à la règle de l'image insérée sur la musique, étant donné qu'un court métrage est réalisé pour les besoins de la musique déjà écrite. Nous analyserons dans un premier temps les différents rôles de la musique sur l'image, c'est-à-dire essentiellement commerciaux et sentimentaux. Puis nous verrons le choix qui s'offre à un réalisateur pour mettre en valeur l'image, à savoir l'utilisation d'une oeuvre originale ou d'une oeuvre pré-existante.
La musique de publicité a un rôle essentiellement commercial. En effet, elle agit sur le téléspectateur en retenant son attention. Un individu est exposé à environ deux mille à trois mille messages par jour en moyenne, dont il n'en retient qu'une dizaine seulement. Si une musique de publicité a bien rempli son rôle, souvent grâce à une ritournelle marquante, alors le téléspectateur associera toujours cette musique à la marque du produit présenté,
dont il se souviendra plus facilement.
Voici quelques exemples de publicités où la musique utilisée valorise le produit :
"Steiner Paris" où le solo du piano dégage un sentiment de chaos et de vide où seul le mobilier prédomine .
"Saupiquet" où la musique classique avec la présence des instruments à cordes dégage une idée d'aliment raffiné et d'une cuisine saine et équilibrée.
"Mégane" où le célèbre ténor italien Luciano PAVAROTTI interprète Sono lo spirito che nega, extrait de l'opéra Mefistofele de Boito ARRIGO, et fait ainsi transparaître toute la pureté, l'élégance et la majesté de la voiture par comparaison à sa
puissante voix.
et enfin "région Midi-Pyrénées" où l'instrument traditionnel qu'est l'accordéon fait ressortir le fait que cette région française
est chaleureuse et pleine de traditions .
Dans le modèle publicitaire
Chez les enfants, le phénomène est encore plus flagrant : ils sont de plus en plus les cibles des publicités car, chez les moins de 10 ans principalement, ils n'ont pas encore d'opinion négative ni même d'avis critique à l'égard de celles-ci. De plus, les enfants ont la capacité de retenir plus facilement les slogans chantés et les musiques de publicité, à tel point que nous pouvons parfois être surpris par un enfant capable de répéter mot pour mot un message publicitaire. Nous pouvons également remarquer que la grande majorité des publicités destinées à un public très jeune est accompagnée d'une musique enfantine, minimaliste, ou de la marque (ou le nom du produit) chantée. Par exemple, quel enfant, à la vue du nom « Action Man », n'entend pas immédiatement le slogan musical associé, c'est à dire « Action Man, le plus grand de tous les héros » ? Cela nous conduit à nous poser la question suivante : la musique peut-elle créer
un conditionnement aux marques ?
Dans le modèle commercial avec les films d'animation
De même, la musique de chaque film d'animation des studios Walt Disney est restée dans la mémoire des enfants. Par exemple, au simple nom de "Le livre de la Jungle" tous les enfants pensent tout de suite à "Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux. Il faut se satisfaire du nécessaire,
etc"
De plus, "Aladdin" et "Le Roi Lion" ont remporté deux oscars pour la meilleure chanson ainsi que la meilleure musique originale. Souvenons-nous respectivement de "Ce rêve bleu, je n'y crois pas, c'est merveilleux" et de "C'est l'histoire de la vie, le cycle éternel..."
Pour finir, citons également l'incontournable "Blanche Neige et les Sept Nains" avec le chant des nains de retour de la mine "Eh ! Oh ! Eh ! Oh !
On rentre du boulot..."
Dans le domaine cinématographique, la musique remplit deux rôles principaux : elle met en valeur une scène et fait ressortir les sentiments exprimés au cours du film.
Lors de la composition d'une musique de film, le compositeur possède peu de liberté et doit se soumettre à certaines règles. En effet, il doit respecter les volontés du réalisateur et les temps de musique qui lui sont impartis, analyser les scènes afin de trouver les thèmes principaux et enfin travailler dans la limite du budget disponible.
Le réalisateur : Les exigences du réalisateur sont diverses et plus ou moins importantes selon la relation entre le réalisateur et le compositeur. Effectivement, Amaury GROC (compositeur de Goodbye Lenin ) nous l'a démontré : « avec les réalisateurs que je connais très bien, j'ai une très grande liberté de composition». Pour une musique sur commande, créée par le compositeur, le cahier des charges stipule le sujet, le support ainsi que la finalité de la musique attendue. Le réalisateur est donc le fil directeur de la composition ; il a le pouvoir d'accorder la musique ou non. Comme le souligne Mario LITWIN : « Pour un même film, il y a des dizaines de musiques possibles. C'est au compositeur de les proposer. Une seule est la bonne. C'est au réalisateur de le découvrir ». C'est à lui que s'adresse le compositeur en cas de problème afin d'avoir un éclaircissement, par exemple par rapport au scénario ou encore à la durée de la scène.
Le minutage : La seconde contrainte à laquelle le compositeur se trouve confronté est le respect du temps de la scène sur laquelle il doit composer. Il doit donc minuter les scènes sur lesquelles il composera de la musique, en tenant compte des temps impartis. D'autant plus que le temps de musique dans la scène reste tout de même assez bref. Le compositeur doit donc arriver à faire passer un maximum d'émotions en un minimum de temps. Il existe un « time code » qui permet de fixer et de caler parfaitement la musique sur l'image en fonction des différents points de synchronisation de la scène, appelés "hitpoints"
Prenons l'exemple d'Aurélien MARINI, avec une scène de combat se découpant en quatre parties :
1) Début du combat : les deux combattants se regardent face à face
et se parlent violemment.
2) Ils commencent à se battre
3) ils s'arrêtent en se bloquant contre un mur
4) Fin du combat : l'un des deux assène un coup fatal à son
adversaire
Dans ce cas là, la première partie (1) de la musique est tendue mais ne doit pas donner d'aspect rythmique trop fort afin de permettre à la seconde partie (2) d'accentuer l'action car à partir du moment où ils se battent il faut rester dans le rythme des mouvements. Ensuite l'un des deux se retrouve bloqué contre le mur (3), la rythmique se calme car il n'y a pas d'action à proprement parler mais la tension doit toujours se sentir pour augmenter crescendo et finir ainsi sur le coup fatal qui mettra fin à la scène (4). Si la musique ne suit pas exactement le minutage de la scène,
alors tout l'effet de la bagarre est perdu.
Ambiance générale du film
Trouver le bon thème musical par rapport à une image est également une contrainte essentielle afin que l'émotion dégagée par la musique soit à l'unisson avec celle dégagée par l'image. Voyons l'exemple du court métrage de Flora SOUBEYRAS, une élève de Terminale au lycée, intitulé Mauthausen . Flora l'a réalisé lors d'une visite du camp de concentration. Elle nous a expliqué sa démarche, à savoir de mettre une musique neutre sur ces images. En effet, elle a préféré une musique « instrumentale » pour souligner l'idée de chaos et de vide qui se dégage du camp, à une musique avec des paroles, car aucun mot n'est à la hauteur de qualifier cette période
de l'Histoire . Cependant, il n'est pas rare qu'un compositeur
présente une composition surprenante et atypique au réalisateur. Dans ce cas, il est possible que ce soit un échec total à cause d'une différence trop importante d'ambiance ou de thème, comme il est également possible que le succès soit immédiat du fait d'une grande originalité. En effet, le compositeur peut créer ou proposer une musique qui n'est pas forcément, à première vue, en relation avec l'image. Prenons l'exemple du réalisateur Stanley KUBRICK, qui a osé mettre de la musique du XVIIIe siècle avec les célèbres compositeurs classiques Beethoven, Purcell et Rossini, sur les scènes extrêmement violentes de Orange mécanique . Le bon choix de la musique est fondamental car celle-ci peut faire le succès comme le malheur d'un film comme l'a souligné Amaury GROC : « la vraie bonne musique est celle qui colle au script ». Quand la musique d'un film reste gravée dans votre tête après une seule projection, c'est que le compositeur a réussi son pari en apportant un style et une atmosphère musicale particulière. Le compositeur doit trouver le thème général dégagé par l'image. Ainsi il pourra reprendre la même musique lorsque ce thème reviendra de manière récurrente
tout au long du film.
En analysant quelque peu la musique composée par François PEYRONY pour le film sorti à la fin de l'année 2005 Il ne faut jurer de rien , nous pouvons remarquer que l'un des thèmes récurrents du film est l'argent, que sort continuellement Van Buck de ses poches, personnage interprété par Gérard JUGNOT. Le second thème principal du film est le romantisme de Valentin, personnage joué par Jean DUJARDIN, retranscrit par de la musique de chambre pour commencer la scène, puis par un orchestre. Le compositeur dit de son générique : "Une rhapsodie au rythme de Sicilienne, un morceau "majestueux et automnal" (indication que j'ai portée sur la partition), pour doucement nous faire atterrir dans notre époque après 1h40 d'enchantement... "
Il faut aussi arriver à trouver le bon dosage de musique car un film qui en comporterait trop pourrait gêner le spectateur. De même qu'un film en possédant peu pourrait rapidement ennuyer et lasser le spectateur car le film deviendrait moins intéressant.
Le compositeur doit donc trouver le bon dosage de musique, un juste milieu.
Comme l'a souligné Jean-Claude PETIT, compositeur de la musique du film Le hussard sur le toit de Jean-Paul RAPPENEAU : « écrire une musique de film c'est développer une idée » ou encore « la musique de film permet de retranscrire l'intérieur des personnages ».
Maurice JAUBERT a dit du cinéma muet : « l'écriture musicale ou la science symphonique devront céder le pas à l'efficacité, la quantité de notes sera dictée par la dialectique visuelle du film, les interventions sonores obéiront à des mobiles précis ». C'est à dire que la musique doit aller à l'essentiel et correspondre à l'image, la partition doit suivre le mouvement de la caméra et le rythme des scènes, et la musique doit être utilisée dans un but précis et non au hasard, pour « combler ». Il y a une réelle démarche
intellectuelle dans la composition d'une musique de film.
Le budget
Selon le budget, la musique sera plus
ou moins prédominante dans un film, une publicité ou un reportage. De même, plus le budget est important, plus la musique est exceptionnelle et impressionnante, à l'image des grosses productions hollywoodiennes telles que Harry Potter , le Seigneur des anneaux ou autre Star Wars . Un film à petit budget ne possédera pas une musique très présente dans le film de par le manque de moyens, comme le montrent notamment les petites productions asiatiques, tel que le film Bashing du réalisateur Masahiro KOBAYASHI que nous avons pu visionner cette année avec l'option Européenne du lycée. Si le producteur est conscient de l'intérêt d'une musique originale, il fait des « efforts » pour
que le compositeur obtienne un certain budget pour faire la musique.
Choix d'un compositeur
En premier lieu, le réalisateur exprime le souhait de travailler avec un compositeur. Puis le producteur négocie
un contrat avec celui-ci ainsi que la date butoir du projet.
De plus en plus, les réalisateurs font appel à des compositeurs alors qu'ils n'ont pas encore commencé le tournage, parfois trois ou quatre mois auparavant, à l'instar de Gabriel YARED (compositeur de Le patient anglais , Le talentueux Mister Ripley , Cold Mountain , Tati Danielle , Shall we dance , Un automne à New York , Une bouteille à la mer ...) qui a été contacté l'an dernier en février pour un film débutant son tournage en juin. Cette pratique est notamment prédominante en Angleterre, et de loin celle que préfèrent les compositeurs, qui ne sont pas pressés par le temps, et les acteurs, qui sont guidés et influencés dans leur jeu. Cependant, il est fréquent qu'un réalisateur face appel à un compositeur après avoir tourné son film. Dans ce cas, il y a eu des musiques temporaires issues de films pré-existants sur le tournage. Ces musiques temporaires sont appelées « temp tracks » et sont utilisées pour que les comédiens jouent en musique. L'équipe du film est alors habituée à une musique différente de la musique finale, et pour cette raison cette méthode de travail n'est pas très
bonne.
Lecture du scénario
Dans un premier temps, le compositeur lit le scénario. Puis il détermine avec le réalisateur les passages du film nécessitant de la musique. En partant du principe que le tournage n'a pas encore été effectué, l'artiste va donc commencer à composer en quelque sorte « dans le vide » à l'instar de Gabriel YARED qui a composé la majorité de
ses musiques du film sans avoir vu une seule image !
Composition et adaptation à l'image
La première phase de composition est de rechercher les principaux thèmes du film qui se dégagent du scénario, comme l'amour ou la peur. Le compositeur écrit plusieurs mélodies correspondant à chaque séquence sur lesquelles il doit composer. Sa composition va au même rythme que le tournage et évolue
ainsi avec lui.
Une fois le tournage du film terminé, le travail est plus précis. En effet, le compositeur chronomètre de manière très rigoureuse les passages du film qu'il doit « embellir », ou bien travaille en synchronisation avec l'image, c'est-à-dire qu'il modifie sa musique en visualisant la scène. Il peut orchestrer sa mélodie de différentes manières, l'harmoniser, l'étirer ou au contraire la compresser, ou bien encore la décliner en variations. Le compositeur doit également trouver le tempo idéal en fonction du rythme du montage. Par exemple, une séquence de film fait 24 images par seconde, donc sachant que le rythme des secondes correspond au tempo de 60 à la noire, on peut utiliser un tempo de 60 ou un multiple à la noire. C'est différent pour une séquence de reportage ou de documentaire, réalisé avec une vidéo, car il y a 25 images par seconde. Puis, le compositeur analyse les scènes en étudiant les mouvements de la caméra, le jeu des acteurs, les lumières... En effet, tout peut être source d'inspiration ! Une fois le travail terminé, le compositeur fait un montage stéréo de l'ensemble des pistes qu'il a créées, et les enregistre à partir du point 0, c'est-à-dire à partir du tout début du film, afin que le monteur n'ait qu'à superposer
le son et l'image.
Validation des musiques composées
Le réalisateur, le producteur ainsi que le compositeur se rencontrent une nouvelle fois pour écouter les créations de ce dernier. Si le travail effectué plait au réalisateur et au producteur, ceux-ci valident les oeuvres. En effet, il n'y a pas que le réalisateur qui donne son avis sur la musique composée; le producteur a également le pouvoir de faire changer une musique, mais en général, il respecte la volonté du réalisateur.
Enregistrement des oeuvres
Si le film possède un budget suffisant, les oeuvres sont enregistrées en studio avec des musiciens professionnels. Lorsqu'il s'agit d'une petite formation instrumentale, les musiciens n'ont pas la possibilité de visualiser les images pendant leur interprétation.
Par contre, cela est possible lorsqu'il s'agit par exemple d'un orchestre symphonique.
Si, cette fois, le film dispose de peu de moyens financiers, les oeuvres sont
enregistrées avec les ressources que possède l'équipe du film, c'est-à-dire des logiciels et un synthétiseur. En effet, celui-ci est capable de reproduire une multitude d'instruments mais ce n'est pas aussi intéressant que de travailler avec des musiciens professionnels, et « il est préférable d'avoir un musicien médiocre plutôt que de ne pas avoir l'âme d'un instrument réel »,
comme nous l'explique M.YARED.
Mixage et montage audio-vidéo
La dernière étape est effectuée par les techniciens, c'est-à-dire le mixeur et le monteur. Le mixeur essaie de bien mélanger les différentes pistes sonores, à savoir la piste musicale, la piste bruitage et la piste des voix des acteurs. Cette étape est appelé mixage. Souvent, les détails de la musique ne sont plus très flagrants : on apprend alors à se concentrer sur l'essentiel. Le dernier travail revient au monteur qui assemble les plans vidéo
et les bandes sonores afin de finaliser le film.
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948), Article 27 : 2. "Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur "
Code de la propriété intellectuelle , Article
L. 111-1 : " L'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous" Article L.123-1 : "L'auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter son oeuvre sous quelque forme que ce soit et d'en tirer un profit pécuniaire"
Le droit d'auteur est la somme de 2 droits, à savoir le droit patrimonial et le droit moral. Comment un auteur pourrait-il savoir que, dans un autre pays que le sien, quelqu'un utilise l'une de ses musiques pour promouvoir un produit ? Il n'a aucun moyen de le savoir. C'est l'une des raisons pour lesquelles les auteurs sont réunis en sociétés. Afin de disposer d'une preuve attestant de l'existence d'une oeuvre à une date déterminée, l'auteur la dépose dans une société d'auteur. Pour ce faire, il remet à celle-ci la partition (de plus en plus facultative) et/ou le CD comportant l'oeuvre composée ainsi que les formulaires joints en Annexes (ils ne valent que pour les musiques de film). Grâce à ces papiers, la société peut calculer les droits qu'elle devra payer à l'auteur lors de la diffusion de son oeuvre, en se basant principalement sur la durée des musiques utilisées.
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En France, il existe une société d'auteurs civile, à savoir la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique, plus
connue sous l'acronyme SACEM . Celle-ci a été créée en 1851 et défend les droits des auteurs, des compositeurs et des éditeurs de chansons ainsi que de musiques liées à l'image, protège leurs oeuvres et préserve ainsi la liberté de créer. Toutes les oeuvres qui y sont déposées forme un répertoire immense et sont protégées tout au long de la vie de leur créateur et soixante-dix ans après sa mort. La SACEM est à la France ce que la SABAM est à la Belgique, la GEMA à l'Allemagne, la PRS à l'Angleterre... Chaque pays a donc sa société d'auteur, exceptés les pays en développement comme en Europe de l'est ou dans le Caucase avec l'Arménie par exemple. En effet, ces pays n'ont pas suffisamment de moyens pour créer une société d'auteur.
En France, il existe un organisme qui protège et défend les droits des compositeurs de musiques de films, mais qui fait aussi la promotion de ce métier : l'UCMF. Cela signifie Union des Compositeurs de Musiques de Films. Cet organisme français a été créé en septembre 2002 et compte une centaine de membres. Parmi eux, nous pouvons trouver des compositeurs que nous avons déjà mentionnés dans ces TPE, à savoir Bruno COULAIS, Mario LITWIN, Jean-Claude PETIT, Roberto TRICARRI et Gabriel YARED. Les missions effectuées par l'UCMF sont diverses. En effet, elle organise aussi bien des conférences ou des master class afin de promouvoir cette discipline qu'est la composition d'une musique de film, que des rencontres avec des grands compositeurs de musique de film tels que Antoine DUHAMEL, Vladimir COSMA et Michel LEGRAND. De plus, elle tente d'insérer les catégories de « meilleur compositeur de musiques de film » et « meilleure composition de musique de film » aux Victoires de la Musique, au Festival de Cannes...et d'obtenir des subventions de diverses sociétés d'auteur comme la SACEM.
En général, le compositeur requis par le réalisateur utilise sa propre musique qu'il compose pour l'occasion ou possède en « stock ». Cela dit, il n'est pas rare que le réalisateur ou la production souhaitent utiliser une musique déjà existante, notamment dans le domaine publicitaire afin de valoriser un produit ou de lancer un artiste. Pour ce faire, la production doit effectuer les démarches essentielles pour être en règle avec la législation. Si le compositeur « attitré » du film orchestre différemment la musique pré-existante, il devient arrangeur. S'il ne fait que la plaquer sur l'image, il devient monteur-son, sound-designer ou encore conseiller musical. Utiliser une musique pré-existante, par exemple la chanson Ma vérité de Johnny HALLIDAY, nécessite plusieurs demandes d'autorisations : à l'auteur (David SALSEDO), à l'éditeur (Warner Chapell Music France) car c'est l'exploitant de l'oeuvre, mais aussi à la maison de disque (Universal Music) car c'est le "fabriquant" du support de la musique enregistrée. Nous avons pris l'exemple de Johnny HALLIDAY car il a tourné plusieurs publicités et utilisé sa musique pour « Optic 2000 » et le « Crédit Agricole ». En effet, le producteur du film doit tout d'abord se renseigner pour connaître la maison de disque qui a produit le support de la musique. (Dans le cas où il ne sait pas à quelle maison de disque s'adresser, il se renseigne auprès de la société d'auteur). Ensuite, il négocie directement avec la maison de disque de l'auteur de cette musique, qui n'a aucun intérêt à refuser l'utilisation de la musique, sauf en cas de nuisance à l'auteur (nuisances morales ou dévalorisation).
S'il y a accord, le producteur du film paye des droits à la maison de disque qui paye l'auteur de la musique. La production du film est alors tenue d'informer l'auteur car celui-ci a entièrement
le droit moral de refuser l'utilisation de sa composition.
Il arrive fréquemment que la production refuse de payer à cause de droits d'auteur trop importants. Elle demande alors au compositeur attitré du film de créer l'intégralité des musiques du film en se rapprochant au plus près de l'écriture de l'oeuvre qu'elle voulait utiliser. Cette composition s'appelle un pastiche, c'est à dire une imitation des procédés caractéristiques de l'oeuvre « copiée ». Comme nous pouvons le lire dans l'interview d'Antoine DUHAMEL, réalisée
par Le Monde (voir Annexes) , le grand compositeur français a effectué plusieurs pastiches : un pastiche de sa propre musique dans Pierrot le fou de Jean-Luc GODARD pour La mort en direct de Bertrand TAVERNIER, un pastiche du Boléro de RAVEL pour Belle époque de Fernando TRUEBA et un pastiche du compositeur Jean SIBELIUS pour Métropolis de Pierre-André BOUTANG.
Si cette fois, la production refuse de payer mais utilise tout de même la musique après l'avoir obtenue illégalement (par le piratage, le téléchargement, la copie...), alors elle s'expose à des poursuites judiciaires. Ce cas est assez courant, notamment d'un pays à un autre. Par exemple, la musique d'un auteur français peut être utilisée par un arrangeur ou un monteur-son en Argentine, sans autorisation. L'auteur français n'a alors aucun moyen de le savoir, sauf si la société à laquelle il est affilié le découvre.
En cas de diffusion non plus dans un film mais sur une chaîne de télévision, l'auteur est cette fois-ci payé par
le diffuseur, tel que TF1.
En conclusion, dans tous les cas cités précédemment, la SACEM ne paye l'auteur que si elle a reçu
l'argent du diffuseur. Elle ne fonctionne pas comme une assurance, en cas
de vol de musique. Il faut la voir comme un organisme qui collecte pour les
auteurs et redistribue leurs oeuvres.
CONCLUSION
A travers la première partie de ces Travaux Personnels Encadrés, nous avons pu voir que l'image est très souvent accompagnée
de musique pour diverses raisons, et ainsi, nous pouvons dire que la musique
est indissociable de l'image.
En effet, dans la publicité, la musique permet d'attirer l'attention du spectateur et de promouvoir un produit afin de le pousser à l'achat. Retenons également que les publicités ou les films d'animation destinés à un jeune public possèdent des musiques minimalistes et guillerettes afin que l'enfant les garde facilement en mémoire. Dans les films, la musique permet d'apporter de l'intérêt à une scène en la rendant plus attrayante ainsi que d'exalter les sentiments afin d'émouvoir
le spectateur.
Ensuite, grâce à la seconde partie, nous avons pu remarquer que, de la naissance d'une mélodie à sa
mise en place sur une image, la musique est une nouvelle fois indissociable
de l'image.
En effet, tout au long de son travail, le compositeur dispose de l'image, qu'il
peut visionner à tout moment. Cependant, ce travail de composition ne se réalise pas sans difficulté. Il possède peu de liberté et doit se soumettre à des contraintes, comme le minutage ou encore le réalisateur, l'ambiance générale ainsi que le budget du film. Toutes les oeuvres crées sont déposées dans une société d'auteur, la SACEM pour la France, afin que les compositeurs reçoivent leurs droits d'auteur. Afin de défendre ces droits, souvent bafoués, les compositeurs de musiques de film ont créé leur union, l'UCMF. Pour finir, il n'est pas rare que pour valoriser un produit, comme c'est le cas dans les publicités et les émissions de télévision, le réalisateur veuille utiliser une musique pré-existante, ce qui nécessite
une nouvelle fois d'importants et complexes flux d'argent.
BIBLIOGRAPHIE :
Sur un support papier :
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2003. p13
DUCA Lo. Histoire du cinéma . 1963. p92
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AUZEL Dominique. Le cinéma . Editions Milan. 1995. p54
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DE CANDE Rolland. La musique . Editions Seuil. 1969. p253, 259
PASSEK Jean-Loup. Le Dictionnaire du cinéma . Larousse. p465, 146
MOUELLIC Gilles. La musique de film . Cahiers du cinéma
Articles de périodiques :
Télérama n°2890. p28, Télérama n°2714. p53, Les inrockuptibles n°479. p38, Les inrockuptibles n°393. p44, Cinéfonia n°4
Sur Internet :
www.cadrage.net/dossier/musiquedefilm/musiquedefilms.htlm
www.Ramdam.com/gen/film.htm
www.traxzone.com/index.asp .
Il contient des interview de compositeurs de films.
www.ac-nancy-metz.fr/Associations/musiqueecole88/pierrot.htm .
Il contient un bref résumé de l'histoire du cinéma.
www.lenumero.fr . Le site officiel du
118 218
www.toutouyoutour.com Le site lucratif
du numéro 118 218
www.allo118.com Site expliquant et comparant
les différents numéros 118...
www.musiquedepub.tv Site consacré aux musique de publicités.
www.sacem.fr
www.ucmf-online.com
http://www.repaire.net « La
Musique dans vos film, droits et obligations »
Site sur lequel nous avons trouvé tous les compositeurs :
http://www.compositeur.org/ :
ANDRE Serge : http://www.serge-andre.com/
BEDROSSIAN Armen : http://www.gamstudio.com
CHARRON Ambroise : http://homepage.mac.com/ambroise.charron/home.html
CLIN Claude : http://claudeclin.com/
ELSNER Bernhard : http://www.latroika.com/
GAILLARD Pascal : http://www.papabass.com/
GROC Amaury : http://groc.org
JUILLET Laurent : http://perso.wanadoo.fr/laurentjuillet/
LITWIN Mario : http://www.mariolitwin.com
MARINI Aurélien : http://www.2compositeurs.com/
PEYRONY François : http://www.peyrony.com/
ROBERT Gérald : http://www.gerald-robert.com/
ROSSI Jérôme : http://www.jeromerossi.com/#
ROY Arnaud : http://royarno.free.fr/
SICARD Pascal : http://www.sicard-music.fr.tc/
VINCENT Agnès : http://www.agnesvincent.com/
YARED Gabriel : http://www.gabrielyared.com
REMERCIEMENTS
Avant tout, nous remercions Mesdames Corinne DIEUZY et LUX-PAGAT ainsi que Monsieur
Daniel IBANEZ pour nous avoir guidées et conseillées tout au long de nos recherches et dans l'élaboration de nos Travaux Personnels Encadrés.
Nous adressons également nos remerciements à Mademoiselle Marie-Pierre ESMAN, professeur de musique du lycée, pour nous avoir confier ses deux ouvrages sur « la musique au cinéma », ainsi qu'à l'employée de la médiathèque de St Paul Trois Châteaux pour nous avoir confier le magazine Cinéfonia
.
Puis, nous voudrions remercier Mademoiselle Flora SOUBEYRAS, élève du club audiovisuel ainsi que du club histoire du lycée, pour nous avoir amicalement prêté son court métrage
sur le camp de Mauthausen.
Ensuite, nous remercions les compositeurs audiovisuels suivants : Messieurs Serge ANDRE, Ambroise CHARRON, Claude CLIN, Bernhard ELSNER, Pascal GAILLARD, Amaury GROC, Mario LITWIN, Laurent JUILLET, Aurélien MARINI, Gérald ROBERT, Jérôme ROSSI, Arnaud ROY, Pascal SICARD ainsi que Madame Agnès VINCENT pour avoir gentiment répondu à nos questions et pour nous avoir consacré de
leur temps.
Pour finir, nous souhaiterions adresser des remerciements particuliers à Monsieur Armen BEDROSSIAN pour s'être investi dans notre projet et pour nous avoir consacré beaucoup de son temps, en nous procurant des documents de la SACEM, l'une de ses musiques pour le film Arkadia et des informations essentiels à l'aboutissement de notre dossier, ainsi que Messieurs François PEYRONY et Gabriel YARED pour nous avoir fait partager leur grande expérience dans le domaine audiovisuel, et ce, très
chaleureusement et simplement.